Archives de catégorie : Contenus

Entre la réalité et le virtuel, encore quelques ajustements

Le virtuel s’immisce de plus en plus dans notre réalité de tous les jours. La vidéo en 360 degrés devient courante sur les médias sociaux et dans certains médias comme le Journal de Montréal ou le New York Time.

Avec son portable ou sa tablette, on obtient des surcouches de visuel et de données sur des objets et des lieux de notre environnement quotidien. Et maintenant, on se plonge littéralement dans des univers fabriqués de toutes pièces, en s’isolant dans un casque permettant un parcours personnalisé et, parfois, déroutant (au point de provoquer des malaises chez certains avec le phénomène du VR Sickness).

Évidemment, les champs des applications, actuelles et potentielles, qu’offrent la réalité virtuelle ou la réalité augmentée sont presque infinis. Déjà, plusieurs marques tentent de séduire leur clientèle dans le secteur de l’automobile (Audi, Ferrari), de l’immobilier (pour les visites de lieux ou la visualisation d’un édifice à partir de plans), de la santé avec des opérations en direct, du commerce au détail, de la formation, etc.

Tout ceci, sans compter le marché du jeu vidéo qui se prête parfaitement à une forme de parcours immersif et interactif. Déjà, nos studios locaux fourbissent leurs armes et commencent à proposer des titres à la sauce VR comme Time Machine VR de Minority Media et Fated de Frima.

Pour avoir un aperçu global de ce qui se développe, les professionnels des médias, des contenus et du marketing pourront assister, le 1er juin prochain, au Marché de la réalité virtuelle de Montréal. Organisée en marge de la conférence Bientôt sur nos écrans, cette activité mettra notamment en valeur le savoir-faire de firmes telles que Félix & Paul Studios, Vrvana, Productions Figure 55, OVA, Turbulent, Beam Me Up, Imagine 360, Minority VR et Secret Location.

Ici comme ailleurs dans le monde, ce secteur de l’immersion et la réalité virtuelle connaît une croissance importante avec des investissements majeurs de quelques milliards, selon une étude de Goldman Sachs. Malgré tout, il n’en demeure pas moins que certains ajustements sont encore à réaliser pour que cette « nouvelle » façon de communiquer soit à son meilleur.

Au-delà des malaises occasionnés pour certains, les embûches d’un déploiement grand public se situent aussi au niveau des prix, des équipements et dispositifs, pour pleinement apprécier la réalité virtuelle. Par exemple, le casque Oculus Rift coûte plus de 600 $, sans compter l’ordinateur performant pour le faire fonctionner. Autrement, on doit se rabattre sur des boîtes en carton (cardboard) pour moins de 20 $ ou des montures à la Samsung Gear VR aux alentour de 140 $. Mais encore là, il faut disposer de téléphones mobiles de dernières générations.

Et, dans ce domaine comme dans bien d’autres liés aux médias et au marketing, le fait de proposer des contenus pertinents et une expérience sans bavure reste sans contredit la pierre angulaire. Et, il faut dire que dans bien des cas, on est encore à peaufiner la grammaire de ce nouveau langage. D’ici les prochains 18 à 24 mois, on verra bien comment le virtuel prendra naturellement sa place sur nos réalités quotidiennes.

La télé spécialisée face au libre-choix des abonnés

Les chaînes spécialisées font partie de notre écosystème publicitaire et de production de contenus-écrans depuis plusieurs années déjà. Seulement au Québec, elles génèrent des revenus de plus de 650 M$ en accaparant près de 45 % de l’écoute.

De quoi permettre d’investir dans la production tout en donnant un bon rendement aux propriétaires de celles-ci (25 % de marge bénéficiaire en moyenne en 2013-2014 et des profits de 45 M$ pour RDS et de 22 M$ pour Canal D).

Toutefois, depuis le 1er mars, les Canadiens peuvent s’abonner à un forfait de télévision de base à un coût maximal de 25 $ par mois. Ils pourront également, à compter du 1er décembre 2016, choisir des chaînes individuelles ou de petits forfaits pouvant compter jusqu’à 10 chaînes.

Pour les tenants d’un système bien régulé, qui permet à ses diverses composantes de survivre et de voir venir les coups à moyen et long terme, il s’agit là d’une mesure au goût amer. Car, il faut préciser que près de 70 % des revenus des chaînes spécialisées sont constitués de redevances (deux fois plus qu’en 2003), versées à mêmes les abonnements perçus par les câblos et les satellitaires.

Pour l’instant, le tsunami annoncé par certains ne s’est pas déclenché. Le consommateur n’étant pas très proactif à chambarder ses forfaits télé (souvent bundlés avec ses services internet et de téléphonie et relativement complexes à départager).

La prochaine vague de déménagement (début juillet) pourrait cependant marquer les premiers effets « pernicieux » de cette nouvelle politique. En changeant d’adresse et, potentiellement de fournisseurs, plusieurs auront peut-être intérêt à revisiter leurs services de base.

Évidemment, les chaînes les plus à risques de voir leur clientèle se désabonner sont en soi les plus nichées avec une popularité bien en deçà de 1% de la part d’écoute. Il faut aussi comprendre que sur la trentaine de chaînes spécialisées au Québec, une vingtaine est dans le giron de nos deux poids lourds des médias que sont les Québécor (Groupe TVA) et Bell Média. Les sept-huit autres étant exploitées par Corus Média (Historia, Séries +, Télétoon, Télétoon Rétro), V (MusiquePlus, MusiMax) et Groupe Serdy (Évasion, Zeste).

Le libre-choix que veut favoriser le CRTC tient d’une logique qui se vaut dans un monde où l’offre, en termes de programmation et de voies de distribution, est de plus en plus vaste et accessible. Comme plusieurs contenus télévisuels se retrouvent sur les réseaux en ligne, pourquoi alors pénaliser ceux qui s’abonnent à des services de câbles ou satellitaires avec des forfaits imposant des chaînes qu’on ne consomme pas.

Mais cette logique signifie également de laisser libre cours au développement des services de contournement (les OTT à la Netflix, Tou.Tv Extra, Crave.TV, shomi et autres). À coup de 9,99 $ par mois, on aura tôt fait de payer 40 à 50 $ pour avoir accès à quelques offres spécialisées. À peu près le coût moyen du câble, mais avec peu ou pas de retour dans notre écosystème publicitaire et de production de contenus-écrans…

Sources : Le centre d’études sur les médias, La Presse, CRTC

Notre télé au cadre flou

Certains la défendent toujours avec passion. Ils nous rassurent en nous disant qu’elle est de plus en plus écoutée. Même que près de 90 % des gens le font en direct. D’autres enfoncent les menaces. Ils nous parlent, avec statistiques à l’appui aussi, des cord-cutters, des YouTubers, des Netflix de ce monde qui changeront la donne à tout jamais.

Lorsque l’on réunit dans la même salle des directeurs de programmes, des fournisseurs de services numériques, des producteurs transmédia, des opérateurs de vidéo en ligne et autres spécialistes de la télé et du multiécran, comme l’a fait Infopresse lors d’une conférence le 17 février dernier, on en ressort avec une perception un peu floue de ce que vit notre télévision.

D’un côté, pour faire face à la musique, les directeurs de programmes affichent une certaine assurance, mais veulent voir moins de règles et de contraintes pour avoir l’agilité nécessaire pour rejoindre la clientèle. Ironiquement, à peu près au même moment, Jean-Pierre Blais, prédisent du CRTC, fustigeait sur la place publique les patrons des groupes médias, « propriétaires de yachts et d’hélicoptères », qui se plaignent le ventre plein, sans égards aux privilèges qu’ils ont d’avoir accès aux ondes.

D’un autre côté, on se projette dans un monde parallèle, guidé par ses propres logiques de nombres de vues (à coup de 250 millions par mois pour Watchmojo), des offres exclusives sur le web, de passerelles donnant accès à des contenus illégaux ou à tout le moins « non réglementés », ou encore, à des 2e écrans intelligents et contextuels (comme démontrés par LVL) ou d’autres de plus en plus virtuels.

En marge de tout ça, il est à la limite rafraîchissant d’entendre Jean-Pierre Laurendeau, directeur principal programmation de Canal D et d’Investigation, défendre avec une passion tonitruante (en criant presque par moment) le contenu documentaire et ses stratégies de présence sur le terrain, lors des festivals et autres, pour assurer à Canal D toute sa pertinence au petit écran. Comme quoi le monde n’est pas que virtuel ou télévisuel.

De la réalité au rêve

Dans tout ce flou qui persiste, il y a tout de même des solutions qui se profilent, dès maintenant ou dans un monde plus utopique. L’application Bell Fibe, concoctée notamment par la firme québécoise Mirego, jette certainement les bases d’une solution intermédiaire permettant de consommer au même endroit, sur l’ensemble des écrans, plus de 450 chaînes en direct et sur demande en plus des services OTT comme Netflix.

À terme, on rêve même, comme l’a fait à voix haute Denis Dubois, directeur des programmes de Télé-Québec, d’une plateforme en ligne fédératrice de l’ensemble de l’offre télévisuelle québécoise. Un Netflix « made in Québec » mettant de côté les rivalités des diffuseurs et permettant le partage des revenus en fonction de l’écoute.

Je ne sais pas si cette solution est la bonne, ou à tout le moins viable. Mais face à la menace étrangère et à des changements brutaux de nos modèles en télévision, il est certainement temps que le Québec, tributaire d’un écosystème relativement fermé, s’éveille davantage aux nouvelles réalités de contenus-écrans. Parce que chose certaine, en télévision comme dans d’autres secteurs, le reste de la planète n’attend pas que nous nous fassions une idée claire de la situation pour avancer…

Netflix «original» à bien des points de vue

Le grand patron des contenus de Netflix, Ted Sarandos, vient d’annoncer que sa firme va doubler le nombre de séries originales en 2016. On parle de 31 projets comparativement à 16 cette année. Une stratégie qui, malgré des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars, semble de toute évidence rapporter dans cette course folle d’accaparer de larges auditoires au niveau mondial.

Même avec quelque 70 millions d’abonnés dans le monde, dont plus de 4 millions au Canada, Netflix n’est apparemment pas du tout rassasiée. Présente dans plus de 80 pays, la firme américaine compte étendre sa présence à 200 pays d’ici la fin de l’an prochain. Un des enjeux de vouloir devenir un joueur global est lié à la question des droits que les studios accordent généralement par territoires. En développant ses propres séries, Netflix s’assure d’avoir les coudées franches. L’exemple d’une série originale comme Narcos est éloquent : production tournée en espagnol, en presque totalité en Colombie, produite par Gaumont, et diffusée en simultanée à tous les abonnés du service.

Outre une offre de contenu dont la qualité est de plus en plus reconnue dans divers concours et remises de prix, le caractère original de Netflix tient aussi beaucoup par la simplicité de ses interfaces (sur ordinateur, tablettes et autres plateformes), la facilité et la fluidité de son utilisation (sans pauses publicitaires), de même que la robustesse de ses serveurs. Par expérience personnelle, il est rare à la campagne, avec une connexion internet moyenne, que le flux de diffusion s’arrête, alors que ce n’est pas le cas avec d’autres services de vidéo en ligne.

C’est certain qu’une telle approche basée sur une expérience client positive laisse des séquelles un peu partout. Le Québec n’y échappe pas, et ce, malgré la « barrière » de la langue et la qualité de notre production locale. Pierre Dion, président et chef de la direction de Québecor, fustigeait récemment Netflix pour ne pas financer à sa juste part les réseaux de télécommunication canadiens en raison d’une utilisation majeure de ceux-ci par ses abonnés. Avec des pointes de plus du tiers des données en transit générées par la consommation de Netflix, il y a de quoi réclamer. Mais il n’en demeure pas moins qu’on est de plus en plus dans une logique d’offre de contenu de qualité, de calibre international, accessible facilement, que dans des dimensions d’utilisation « inappropriée » de tuyaux.

Et le jour où on exigera à Netflix de débourser, via une taxe, redevance ou autres, pour son utilisation des réseaux, le pas à franchir n’est pas grand pour demander (à nouveau) à ces fournisseurs d’accès internet de contribuer à leur tour au financement des contenus canadiens qui transitent par leurs réseaux et qui justifient que l’on paye des dizaines de dollars par mois pour y avoir accès…

Sources : Wired, La Presse+, Les Affaires

La découvrabilité des contenus, un enjeu et un paradoxe de taille

En se défendant bien de vouloir réglementer la découverte (ou découvrabilité) de contenus canadiens, le CRTC, en collaboration avec l’ONF, a organisé cette semaine (le 1er et 3 décembre) deux rencontres préparatoires, à Vancouver et à Montréal, pour le Sommet de la découvrabilité qui va se tenir en mai prochain à Toronto.

Il semble bien que nous soyons passés dans un système où l’offre de contenus, canadiens et autres, ne soit plus un défi en soit. Le véritable enjeu est plutôt de pouvoir, au travers de millions de propositions, trouver des contenus pertinents et, pourquoi pas, faits ici sur la base de référents culturels qui nous interpellent.

Les organisateurs ont donc réuni, plus ou moins à huis clos, un certain nombre d’experts dans chacune des villes pour préparer le terrain à la grande messe du printemps prochain. On pense entre autres, pour Vancouver, à Ling Lin de YouTube Canada, à Ashkan Karbasfrooshan de Watchmojo (basé à Montréal) ou à Tessa Sproule de Vubble (ex-directrice des services numériques de CBC). Pour la séance de Montréal, on retrouve parmi les intervenants Sylvain Lafrance des HEC Montréal, Jean-François Gagnon de LVL ou Suzanne Lortie de l’École des médias de l’UQAM.

Sans encore présumer des résultats des discussions, on devine sans peine qu’on a parlé des moteurs de recherche, des algorithmes et des diverses interfaces sur les téléviseurs, ordinateurs, tablettes, téléphones et autres qui nous permettraient d’être exposés plus favorablement à des contenus qui nous séduisent.

Toutefois dans cet univers d’abondance, se développe le paradoxe d’une relative insatisfaction par rapport à l’offre télévisuelle. Deux choses l’une : ou l’on n’arrive pas à trouver ce qui devrait correspondre tout à fait à nos besoins; ou devant tant de choix, l’expression même de nos goûts et préférences devient de plus en plus floue. Un peu comme les relations amoureuses, subordonnées aux sites, applications et engins de rencontres, qui font en sorte qu’on multiplie presque à l’infini les critères de choix et les flirts potentiels, sans pour autant trouver la véritable âme sœur.

Il est évident que l’on doit s’interroger sur une plus juste adéquation de l’offre et de la demande en télévision, dans un contexte où les coûts de production deviennent, dans certains cas, prohibitifs par rapport au potentiel d’écoute. Il est quand même utile de mentionner que des millions d’heures de loisirs-écrans sont de plus en plus consacrés à des nouvelles propositions de contenu, sur le web, les consoles de jeu ou les sites de partage vidéo à la YouTube, bien loin de l’univers narratif de nos bons vieux téléromans du lundi soir…

Sources : Sommet de la découvrabilité, Le Devoir, La Presse

Un véritable écosystème autour des YouTubers

Pas moins de 25 000 fans se sont rués, les 7 et 8 novembre, à Paris, pour voir de près leurs idoles du web et de YouTube, dans la cadre de la première édition de Vidéo City. Quelques jours avant se tenait à New York, également en primeur, le Stream Con NYC, un savant mélange, en termes de participation, de fans, de YouTubers et de professionnels des médias et du marketing. Des rassemblements sur les traces de VidCon, la grande messe du genre qui célébrera, en Californie l’été prochain, son 7e anniversaire en présence de dizaines de milliers de participants.

Autant d’activités qui témoignent, sans nul doute, de l’attrait qu’exercent les nouvelles vedettes du web et des médias sociaux, mais aussi de la mise en place d’un écosystème qui régit ces relations privilégiées entre les fans et leurs idoles.

Plus que le nombre de vidéos diffusés et vus, l’attrait développé pour ces nouvelles stars des écrans tient beaucoup dans la manière dont le contenu est produit et ce qu’il véhicule comme nouvelles valeurs. Des contenus qui suscitent toujours la suspicion, ou l’incompréhension, des générations plus vielles face à des jeunes qui se filment à jouer à des jeux vidéos, à parler de leur vécu, de la façon qu’ils (elles) s’habillent, se maquillent, ou à déballer « en direct » divers produits de consommation. Cela, sans compter tous ceux et celles qui misent sur l’humour ou les situations loufoques.

Des prestations de YouTubers offertes à des fréquences régulières, et relayées habilement sur l’ensemble des médias sociaux, qui finissent par créer des liens forts avec leurs communautés. Encore composé de très jeunes auditeurs et admirateurs, il s’agit d’un public de proximité face à des idoles (souvent du même âge) qui incarnent les mêmes valeurs dans la « vie de tous les jours ».

Évidemment, l’argent commence à circuler de plus en plus, autant au niveau des CPM (coût par mille) sur les visionnements que des petits à côté qu’offrent le placement de produits, les mentions sur les posts, les prestations dans les autres médias (livre, radio, télé, etc.) ou la présence dans ces meet-up spécialisés. Et qui dit argent, dit aussi intermédiaires que sont notamment les MCN (Multi Channel Network) qui représentent les YouTubers, regroupent en thématiques leurs chaînes et vendent aux marques, moyennant 30 à 55 % des revenus, des vues ou autres expositions.

Une façon de faire qui prend racine au Québec, avec les agences que sont les Goji (Québécor) ou Slingshot (Attraction média), alors qu’aux États-Unis ou même en France, les Maker, Fullscreen, Bagel ou Finder sont déjà (trop ?) bien établis. Un écosystème qui se met donc en place et qui sera notamment au cœur des discussions de la prochaine édition de la conférence Bientôt sur nos écrans au printemps 2016.

Source : Méta-Média, Le Monde, Vidéo City

SVOD et OTT, est-ce que le Québec pourra suivre le rythme?

Alors que Vidéotron dévoilait, le 28 octobre, l’offre de contenu 2015-2016 pour son service de vidéo sur demande par abonnement, Club illico, il est intéressant de voir comment ce genre de services s’apprête à exploser chez nos voisins du sud au cours des prochaines années.

Selon une étude récente du cabinet MTM de Londres, commanditée par les firmes Ooyala et Vindicia, les revenus des services de contournement (Over The Top – OTT), incluant les abonnements à des services de vidéo sur demande (SVSD) en ligne, devraient osciller entre 8 et 12 G US$ en 2018, comparativement à 4 G US$, en 2014. On parle donc du double, sinon du triple du niveau actuel.

Évidemment, une telle croissance témoigne de changements plutôt radicaux dans les habitudes de consommation des contenus audiovisuels. Toutefois, cette étude réalisée auprès d’une cinquantaine de dirigeants du secteur des industries des technologies, des médias et du divertissement, confirme que ce marché est dominé de façon outrageuse par Netflix. Un joueur qui accapare actuellement 85 % des revenus totaux des services OTT aux ÉU. La seule consolation est que la part de ce géant devrait diminuer aux alentours des 50 %, d’ici trois ans, au fur et à mesure que d’autres fournisseurs réussiront à s’imposer.

Reste que pour se faire une place au soleil dans ce marché, il faudra que les prétendants aient beaucoup de moyens financiers pour pouvoir avoir accès à de gros volumes de contenus, exclusifs autant que possible. Autrement, l’espoir réside sur les services s’adressant à une base de clientèles «fanatiques» de contenus très nichés. On pense aux sports, au contenu jeunesse, à l’animation, aux offres à connotation ethnique (coréen ou espagnol), ou encore, aux propositions reposant essentiellement sur de fortes personnalités publiques (politiciens, comédiens, sportifs, etc.).

Selon les auteurs de l’étude, il faut également s’attendre à des alliances entre les fournisseurs de télé payante, offerte par câble, satellite ou IPTV, et les services OTT les plus populaires. Une façon pour les uns d’élargir leur base d’abonnés et pour les autres de freiner les phénomènes du «cord cutting» ou «cord never». Des rapprochements qui pourraient notamment se manifester par des combinaisons d’offres spécialisées (science, fiction, animation, etc.) qui seront disponibles à la carte, à travers les boutiques accessibles par décodeurs.

Donc pas étonnant que chez nous, Vidéotron pousse ses collaborations avec ses compagnies sœurs, telles que Quebecor Contenu, et autres studios de la planète pour offrir des contenus exclusifs ou originaux, disponibles autant sur le câble, le web ou les tablettes. Il faudra voir cependant, si dans quelques années, celui qui s’identifie comme le «Netflix québécois» aura réussi à imposer suffisamment son caractère local et distinctif face au véritable Netflix et autres services SVOD internationaux…

Sources : Vindicia, Vidéotron