Le eSport pour relancer les salles de cinéma ?

Imaginez deux équipes qui s’affrontent en jouant à des jeux vidéo sur une scène de salle cinéma pendant que des spectateurs, sur place et dans d’autres salles, les regardent. C’est le pari que fait Cineplex Entertainment pour relancer la fréquentation de ses salles.  L’entreprise de divertissement investi ainsi 15 M US$ dans les compétitions de jeu vidéo (eSport) en achetant les actifs de la plateforme WorldGaming et en lançant une nouvelle ligue de jeu.

Après les concerts de musique classique et les opéras présentés (souvent en direct) dans les salles, il est intéressant de noter que Cineplex veut dorénavant rejoindre une clientèle beaucoup plus jeune avec le eSport. Et dans ce dernier cas, on ne se contente pas que de fournir la salle et les écrans, mais on investit aussi dans une plateforme et dans les ligues. Un peu comme aux beaux jours du cinéma quand les mêmes intérêts possédaient les studios, les laboratoires, les distributeurs et les salles.

La grande différence dans ce cas-ci : le mélange de l’action en temps réel, les joutes entre équipes, et le fait de suivre en groupe, sur écrans géants, les performances de son équipe favorite, sur place ou ailleurs. On est donc en ce sens plus dans le modèle du sport professionnel où la même entreprise possède les équipes, les salles et les médias et, évidemment, les concessions qui vendent à fort prix les hot dog, bière, t-shirt, etc.

Reste que ce phénomène du eSport progresse tranquillement au Canada et se cherche toujours des commanditaires pour prendre de l’expansion. Rien à voir à ce que connaît la Corée ou le Japon où ce genre de compétitions remplit des stades de 20 000 personnes. Sans parler des bourses, pour certains tournois, qui peuvent dépasser les 20 M$.

Pour Cineplex, la première offensive digne de ce nom a eu lieu le 23 août dernier, dans environ 70 salles de son réseau au Canada (dont seulement cinq au Québec), pour la finale mondiale du tournoi ESL ONE – COUNTER STRIKE : GLOBAL OFFENSIVE qui s’est tenue à Cologne en Allemagne. Malheureusement, nulle part on ne fait mention du succès de l’opération en termes de fréquentation. C’est donc dans les prochains mois que l’on verra si ce phénomène du eSport rivalisera vraiment avec les blockbusters du cinéma…

Sources : CBC

La télé a-t-elle vraiment besoin d’une « boîte magique » ?

L’annonce récente de la mise à jour de l’Apple TV (disponible bientôt au Canada) met en perspective cette idée de connecter à son téléviseur une « boîte magique » capable d’offrir une multitude de contenus, des émissions de télé aux jeux vidéo en passant par des applications de toute nature.

On peut cependant se demander si cet intermédiaire « intelligent » entre des serveurs et un écran est encore pertinent alors que des nombreuses autres possibilités s’offrent à nous. D’autant plus que la nouvelle mouture de l’Apple TV se positionne quelque part entre une « box » relativement chère (par rapport à Roku, Chromecast, Amazon Fire, etc.) et une console de jeux pour le moins basique.

Au-delà de ces considérations, et avec la montée des débranchements aux services de télévision par câble ou satellites (cord-cutting), on doit certainement admettre que de plus en plus de consommateurs, et les plus jeunes en particulier, profitent du contenu directement sur leurs ordinateurs, téléphones portables ou tablettes. Ce qui fait que dans bien des foyers, le téléviseur devient un « second écran », utile notamment pour un visionnement épisodique à plusieurs.

Reconnaissons toutefois que ces passerelles de divertissement, comme l’Apple TV, ont le mérite de faciliter la recherche et l’organisation du nombre presque infini de contenus disponibles. On parle même dans ce dernier cas d’un système de reconnaissance vocale (Siri) et d’une télécommande avec un pavé tactile. Encore faut-il s’adapter à ces dispositifs parfois laborieux comparés au bon vieux clavier.

Mais peu importe le moyen, cette capacité accrue et structurée pour faciliter la découverte personnalisée de contenus est au cœur des préoccupations de bien des joueurs de l’industrie; le CRTC en tête qui prévoit tenir un sommet international sur la question le printemps prochain.

Reste qu’avec ces « boîtes magiques » supposées nous simplifier la vie, on est encore loin, au chapitre des contenus audiovisuels, des services d’abonnement dans le secteur de la musique ou du livre, nous offrant, à un seul endroit, des millions de titres en ligne. Verra-t-on un jour un tel service pour l’ensemble des émissions de télé produites au Québec ? Un service qui, peu importe l’appareil ou la boîte, nous permettrait en quelques clics, ou requêtes vocales, de revoir en toute impunité les vieux épisodes d’Omertà, de la Souris verte ou de OuiSurf.

Sources : La Presse, Le Monde

La bataille entre «nouveaux diffuseurs» s’intensifie

Ces derniers jours on remarque quelques mouvements qui laissent croire que rien n’est gagné sur le terrain des services de diffusion vidéo en ligne.

D’une part, Netflix a du s’expliquer sur la fin de certaines ententes de contenu avec Epix, celles-ci rapidement récupérées par son rival Hulu (copropriété de Fox, Disney et NBCUniversal). Ce qui permet maintenant à ce dernier d’offrir des titres tels que Hunger Games: Catching Fire, World War Z et Transformers: Age of Extinction.

Netflix, qui poursuit son expansion vers l’Asie notamment, réplique en précisant qu’elle désire davantage d’exclusivités (incluant ses Originals) qui ne se retrouvent pas sur toutes les plateformes. Sans compter, certains films qu’elle proposera bientôt en primeur à ses abonnés, en même temps que leur sortie en salles.

De son côté, le géant Amazon ne veut pas être en reste et continu de se positionner dans l’univers des contenus vidéo avec une offre permettant de visionner des films ou des émissions hors-ligne. Ce qui est évidemment pratique dans le cas d’une connexion internet déficiente ou absente.

Dans ce contexte de repositionnement constant, certains analystes suggèrent même, en marge du lancement de la mise à jour de l’Apple TV, que la firme de Cupertino pourrait être tentée par la production de contenu pour rendre sa «boîte à images» plus séduisante (face notamment aux Roku de ce monde).

Rappelons finalement que chez nous au Canada, Shomi annonçait il y a quelques jours qu’elle étendait son offre à tout le pays, peu importe que les clients soient déjà abonnés à Rogers ou Shaw, les deux promoteurs du service.

Voilà donc que quelques exemples des actions récentes dans ce beau monde de la diffusion de contenu par contournement (Over the Top). Tout ça, au milieu d’études et de rapports qui confirment une consommation accrue et significative des contenus vidéo sur les nouvelles plateformes. À ce compte, le dernier Verto Index révèle que parmi les dix premiers services médias en continu (streaming), YouTube, Vimeo, Netflix, Dailymotion et Hulu, ont rejoint, pour juillet 2015 seulement, pas moins de 335 millions d’utilisateurs uniques aux États-Unis.

Sources : Recode, Wired, Variety, The Verge, Radio-Canada, Verto Analytics