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La découvrabilité des contenus, un enjeu et un paradoxe de taille

En se défendant bien de vouloir réglementer la découverte (ou découvrabilité) de contenus canadiens, le CRTC, en collaboration avec l’ONF, a organisé cette semaine (le 1er et 3 décembre) deux rencontres préparatoires, à Vancouver et à Montréal, pour le Sommet de la découvrabilité qui va se tenir en mai prochain à Toronto.

Il semble bien que nous soyons passés dans un système où l’offre de contenus, canadiens et autres, ne soit plus un défi en soit. Le véritable enjeu est plutôt de pouvoir, au travers de millions de propositions, trouver des contenus pertinents et, pourquoi pas, faits ici sur la base de référents culturels qui nous interpellent.

Les organisateurs ont donc réuni, plus ou moins à huis clos, un certain nombre d’experts dans chacune des villes pour préparer le terrain à la grande messe du printemps prochain. On pense entre autres, pour Vancouver, à Ling Lin de YouTube Canada, à Ashkan Karbasfrooshan de Watchmojo (basé à Montréal) ou à Tessa Sproule de Vubble (ex-directrice des services numériques de CBC). Pour la séance de Montréal, on retrouve parmi les intervenants Sylvain Lafrance des HEC Montréal, Jean-François Gagnon de LVL ou Suzanne Lortie de l’École des médias de l’UQAM.

Sans encore présumer des résultats des discussions, on devine sans peine qu’on a parlé des moteurs de recherche, des algorithmes et des diverses interfaces sur les téléviseurs, ordinateurs, tablettes, téléphones et autres qui nous permettraient d’être exposés plus favorablement à des contenus qui nous séduisent.

Toutefois dans cet univers d’abondance, se développe le paradoxe d’une relative insatisfaction par rapport à l’offre télévisuelle. Deux choses l’une : ou l’on n’arrive pas à trouver ce qui devrait correspondre tout à fait à nos besoins; ou devant tant de choix, l’expression même de nos goûts et préférences devient de plus en plus floue. Un peu comme les relations amoureuses, subordonnées aux sites, applications et engins de rencontres, qui font en sorte qu’on multiplie presque à l’infini les critères de choix et les flirts potentiels, sans pour autant trouver la véritable âme sœur.

Il est évident que l’on doit s’interroger sur une plus juste adéquation de l’offre et de la demande en télévision, dans un contexte où les coûts de production deviennent, dans certains cas, prohibitifs par rapport au potentiel d’écoute. Il est quand même utile de mentionner que des millions d’heures de loisirs-écrans sont de plus en plus consacrés à des nouvelles propositions de contenu, sur le web, les consoles de jeu ou les sites de partage vidéo à la YouTube, bien loin de l’univers narratif de nos bons vieux téléromans du lundi soir…

Sources : Sommet de la découvrabilité, Le Devoir, La Presse